SOLIVE - NEWS - juin 2026

Influence marketing finance et banque : le guide conforme

Comment une banque, un assureur ou une institution financière mène une campagne d’influence efficace sans sortir du cadre ACPR, AMF et de la loi de 2023.

TL;DR

Une banque, un assureur ou une institution financière peut tout à fait travailler avec des créateurs de contenu. Mais le secteur est encadré par deux régulateurs — l’ACPR pour les produits bancaires et assurantiels, l’AMF pour l’investissement — auxquels s’ajoute la loi de 2023 sur l’influence commerciale. La conformité n’est pas un frein : c’est l’étape de cadrage qui sécurise toute la campagne. Voici comment la construire.

La finance est le secteur où le marketing d’influence inspire le plus de méfiance, et pour de bonnes raisons : les scandales de promotion de crypto-actifs et de produits spéculatifs par des influenceurs ont occupé l’actualité judiciaire pendant des années. Résultat, beaucoup de directions marketing de banques et d’assureurs considèrent l’influence comme un terrain interdit. C’est une erreur d’appréciation. Le problème n’a jamais été l’influence en tant que telle, mais l’absence de cadre. Depuis 2023, ce cadre existe, il est précis, et il rend les campagnes parfaitement réalisables — à condition de les construire dans le bon ordre.

Ce guide s’adresse aux institutions financières régulées qui veulent utiliser l’influence pour gagner en notoriété, expliquer leurs produits ou toucher une cible plus jeune, sans s’exposer. Il ne traite pas du « comment devenir finfluenceur » : c’est l’angle d’une institution qui veut communiquer proprement. C’est l’arbitrage que nous menons en tant qu’agence d’influence avec des acteurs comme le Crédit Agricole ou BPI France, où chaque prise de parole passe par une validation de conformité.

01 — EnjeuxPourquoi la finance a tout intérêt à investir l’influence

Le secteur financier souffre d’un déficit de pédagogie. Les produits sont complexes, le vocabulaire est technique, et les jeunes générations s’informent sur les réseaux sociaux avant de pousser la porte d’une agence — quand elles la poussent encore. L’influence répond précisément à ce besoin : un créateur explique un livret d’épargne, le fonctionnement d’un crédit ou les bases de l’assurance emprunteur dans un format que sa communauté comprend et regarde jusqu’au bout.

Trois objectifs justifient une campagne d’influence dans la finance :

  • L’éducation financière. Vulgariser un mécanisme (intérêts composés, fiscalité de l’épargne, fonctionnement d’un prêt) renforce la confiance sans rien vendre directement. C’est le terrain le plus sûr juridiquement et le plus efficace en image.
  • La notoriété auprès d’une cible jeune. Toucher les 18-30 ans, futurs clients bancaires, là où la publicité classique ne les atteint plus.
  • La considération sur un produit précis. Mettre en avant une offre (compte, application, financement) en respectant scrupuleusement les mentions obligatoires propres à ce produit.

La logique reste celle de toute campagne sérieuse : un brief clair, des créateurs choisis pour leur pertinence et non leur portée brute, et une mesure adaptée. Les principes que nous appliquons en influence B2B valent ici, avec une couche réglementaire en plus.

Il faut aussi rappeler ce qui se joue en matière de confiance. Dans la finance, la marque ne vend pas un produit ponctuel mais une relation de long terme, où la moindre maladresse de communication coûte cher en crédibilité. Une campagne d’influence mal cadrée peut être perçue comme une incitation déguisée, exactement le reproche fait au secteur après les dérives crypto. À l’inverse, un dispositif transparent, pédagogique et conforme renforce durablement l’image d’un acteur sérieux. C’est précisément parce que le terrain est sensible que la rigueur devient un avantage concurrentiel plutôt qu’une contrainte.

02 — Cadre légalLe cadre réglementaire : deux régulateurs et une loi

C’est le point qui distingue la finance de tout autre secteur. Une campagne se situe à l’intersection de trois textes, et il faut identifier lequel s’applique avant d’écrire la moindre ligne de brief.

La loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 encadre, pour la première fois en France, l’activité d’influence commerciale. Elle impose d’indiquer clairement tout partenariat rémunéré par une mention explicite (« Publicité », « Collaboration commerciale » ou équivalent) et vise spécifiquement la promotion de produits financiers et de crypto-actifs. Les manquements sont passibles de deux ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende, avec possible interdiction d’exercer l’activité d’influence.

À cette loi générale se superposent deux autorités de tutelle dont le périmètre dépend du produit promu :

Régulateur Périmètre Ce que cela implique pour une campagne d’influence
ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) Produits bancaires et assurantiels : comptes, livrets, crédits, assurance-vie, assurance emprunteur. Contrôle des pratiques commerciales, de la conception à la publicité. Mentions obligatoires propres à chaque produit (ex. TAEG et exemple représentatif pour le crédit, mention « publicité » pour l’assurance-vie).
AMF (Autorité des marchés financiers) Produits d’investissement et de marché : actions, obligations, ETF, fonds, dérivés, crypto-actifs. Communications claires, exactes et non trompeuses ; mise en avant des risques ; promotion crypto réservée aux acteurs enregistrés ou agréés.
Loi influence 2023 + ARPP Toute communication commerciale d’un influenceur, tous secteurs. Transparence du partenariat, mention publicitaire visible. L’ARPP propose un Certificat de l’Influence Responsable avec une option « publicité financière ».

En janvier 2026, l’AMF et l’ESMA (le régulateur européen des marchés) ont publié une fiche de recommandations à destination des « finfluenceurs » : assumer sa responsabilité vis-à-vis de son audience, divulguer toute rémunération, rester clair et non trompeur sur les produits risqués, insister sur les risques autant que sur les avantages, vérifier les agréments de l’entreprise promue, distinguer le conseil de la recommandation d’investissement, et comprendre un produit avant d’en parler. Ces principes ne sont pas des contraintes administratives : ce sont les fondations d’un brief solide.

Avertissement. Ce guide est informatif et ne constitue pas un avis juridique. Le cadre réglementaire évolue (la directive MiCA s’applique depuis le 30 décembre 2024 et fait bouger les règles crypto). Toute campagne d’influence finance doit être validée par votre direction juridique et conformité avant diffusion.

03 — PérimètreCe que vous pouvez promouvoir — et ce qui est interdit

La frontière est nette une fois qu’on la connaît. Certains produits sont promouvables sous conditions, d’autres sont fermés à l’influence.

Promouvable, avec mentions et précautions

  • Les produits bancaires courants : comptes, livrets, applications, services du quotidien. C’est le terrain le plus large et le plus sûr, sous réserve des bonnes pratiques de l’ACPR sur la publicité (par exemple pour les comptes sur livret).
  • Le crédit à la consommation et immobilier, à condition d’afficher les mentions obligatoires : taux annuel effectif global (TAEG), exemple représentatif chiffré, et — si une assurance est exigée — son coût et son caractère obligatoire.
  • L’assurance-vie et les contrats d’épargne, avec la mention « publicité » et un langage clair, sans promesse de rendement trompeuse.
  • Les crypto-actifs, uniquement pour les acteurs enregistrés (PSAN) ou agréés par l’AMF, avec mise en avant explicite des risques.

Interdit ou fortement restreint

  • Les produits les plus spéculatifs : CFD, options binaires, Forex — leur publicité est déjà prohibée depuis la loi Sapin 2.
  • La promotion crypto par un acteur non enregistré auprès de l’AMF : strictement interdite.
  • Toute communication présentée comme un conseil en investissement par un créateur qui n’en a pas le statut. La frontière entre « expliquer » et « conseiller d’acheter » est juridiquement déterminante.

La règle simple : on peut faire comprendre un produit, on ne peut pas faire miroiter un gain. Tout ce qui ressemble à une promesse de rendement est un signal d’alerte conformité.

04 — MéthodeConstruire une campagne d’influence finance conforme, étape par étape

La spécificité du secteur, c’est que la conformité passe en premier, pas en dernier. Inverser cet ordre est la cause numéro un des campagnes bloquées la veille de leur lancement.

1. Cadrer la conformité avant le créatif

Avant de chercher un créateur, déterminez quel produit est concerné, donc quel régulateur s’applique, et quelles mentions sont obligatoires. Ce cadrage définit ce qu’un créateur pourra dire ou ne pas dire. Associez votre direction conformité dès cette réunion, pas au moment de la validation finale.

2. Sélectionner des créateurs adaptés au secteur

La portée compte moins que la crédibilité et la maîtrise du sujet. Privilégiez des créateurs qui parlent déjà de finances personnelles, idéalement titulaires du Certificat de l’Influence Responsable de l’ARPP (option publicité financière) — une centaine de finfluenceurs le détiennent aujourd’hui. Notre méthode de sélection des influenceurs s’applique, avec ce filtre supplémentaire de conformité.

3. Rédiger un brief qui intègre les contraintes légales

Le brief finance est plus directif qu’ailleurs. Il liste les mentions obligatoires à afficher, les formulations interdites (promesses de gain, comparaisons trompeuses), l’obligation de signaler le partenariat, et la nécessité de présenter les risques. Un brief influenceur bien construit protège à la fois la marque et le créateur. Laissez la liberté créative sur la forme, jamais sur le fond réglementaire.

4. Valider et archiver

Chaque contenu passe en validation conformité avant publication — script, mentions, visuels. Conservez ensuite une trace de chaque publication (capture, lien, date) : en cas de contrôle, vous devez pouvoir prouver que les obligations ont été respectées au moment de la diffusion.

05 — MesureMesurer une campagne d’influence dans la finance

Le cycle de décision financier est long : on n’ouvre pas une assurance-vie sur un coup de tête après une vidéo. Mesurer une campagne finance au seul nombre de souscriptions immédiates conduit à la sous-évaluer systématiquement. Les bons indicateurs sont décalés dans le temps et plus larges.

  • Notoriété et considération : portée qualifiée, taux de complétion des vidéos (signe que la pédagogie fonctionne), évolution des recherches de marque.
  • Engagement utile : commentaires posant de vraies questions sur le produit, partages, enregistrements — autant de signaux d’intérêt réel plutôt que de simples likes.
  • Trafic intentionnel : visites vers les simulateurs, pages produit ou prises de rendez-vous, mesurées par lien tracé ou code dédié.
  • Leads qualifiés : demandes de contact ou ouvertures de compte attribuables à la campagne, à analyser sur plusieurs semaines.

Pour le détail de la construction d’un dispositif de mesure, notre approche de l’agence social media intègre ces indicateurs dans un tableau de bord unique, du premier visionnage au lead transmis aux équipes commerciales.

Questions fréquentes

Une banque peut-elle légalement travailler avec des influenceurs en France ?

Oui. Aucune loi n’interdit à une banque ou à un assureur de mener des campagnes d’influence. L’activité est encadrée par la loi du 9 juin 2023 sur l’influence commerciale et supervisée, selon le produit, par l’ACPR (banque, assurance) ou l’AMF (investissement). La condition est de respecter les mentions obligatoires propres à chaque produit et de signaler clairement tout partenariat rémunéré.

Quels produits financiers sont interdits de promotion par les influenceurs ?

Les produits les plus spéculatifs — CFD, options binaires, Forex — dont la publicité est déjà prohibée. La promotion de crypto-actifs n’est autorisée que pour les acteurs enregistrés (PSAN) ou agréés par l’AMF. Toute communication présentée comme un conseil en investissement par une personne non habilitée est également interdite.

Faut-il une certification pour qu’un influenceur parle de finance ?

Elle n’est pas strictement obligatoire, mais fortement recommandée. L’ARPP délivre, en lien avec l’AMF, un Certificat de l’Influence Responsable avec une option publicité financière, détenu par une centaine de finfluenceurs. Travailler avec un créateur certifié réduit le risque de non-conformité et facilite la validation par votre direction juridique.

Vous êtes une institution financière et vous voulez lancer une campagne d’influence sans vous exposer ? So Bang construit votre dispositif avec la conformité intégrée dès le cadrage.

Parlez nous de votre projet